dimanche 13 octobre 2019

SAINTE-GENEVIÈVE : DU SPECTACLE ET UNE QUALIF' SUR LE FIL DU RASOIR !


Au bout du suspens, l'équipe de Sainte-Geneviève a validé son ticket pour le 6ème tour de la Coupe de France grâce à son succès 4-3 face à une valeureuse équipe d'Ivry (N3).

Le staff de Sainte-Geneviève et les spectateurs exultent à l'unisson. Dans le temps additionnel de la rencontre, Mahamadou Konté vient de pousser le ballon au fond des filets d'Anis Derkaoui. Ses coéquipiers se ruent sur lui. Le milieu de terrain essonnien vient d'offrir in-extremis la qualification à son équipe. Le soulagement est grand... mais que ce fût dur !

Ce 5ème tour de Coupe de France avait tout d'un match piège pour les homme d'Emmanuel Dorado. Dans une mauvaise passe en championnat de N2 – trois défaites, dont deux à relativiser face aux ogres Sedan et Bastia - Sainte-Geneviève avait pour objectif de relancer la machine face à l'US Ivry. Une solide équipe de N3 qui vise la promotion à l'échelon supérieur. Contrairement au tour précédant face à l'US Palaiseau (2-0, R2), le statut de favoris et la marge d'erreur sont considérablement réduits pour les coéquipiers de Frédéric Hébert. C'est d'ailleurs ce que les spectateurs vont constater tout au long de la rencontre.


Dès l'entame du match, les génovéfains sont cueillis à froid par une équipe d'Ivry sans complexe. Très tranchants offensivement, les Val-de-Marnais vont profiter des largesses défensives des locaux pour joliment ouvrir le score (3'), puis inscrire un second but par Sabri Saïd (30'). Mené 2-0 à la demi-heure de jeu, Sainte-Geneviève déjoue totalement. Fébrile défensivement, les Essonniens vont s'en remettre à Quentin Barcelo. Sur le front de l'attaque, le solide avant centre de SGS se démène et va rapidement réduire l'écart (1-2, 33'). Rugueux dans les duels, Barcelo sonne la révolte des pensionnaires de N2.


Passée en 4-2-3-1 après l'entrée prématurée de Nsiete en lieu et place de Lumon (15'), Sainte-Geneviève se montre un peu plus entreprenante. Les Essoniens inscrivent deux buts coup-sur-coup... refusés pour position de hors-jeu. Mais le tournant du match survient lorsque Mahamadou Konte provoque l'expulsion d'un défenseur central d'Ivry juste avant la mi-temps (42'). Alors que le milieu de terrain de Sainte-Geneviève filait vers le but, il est accroché à l'entrée de la surface par Mehdi Hamelin. Le rouge est logique.

Une poignée de minutes plus tard, une erreur de relance du gardien Anis Derkaoui offre l'égalisation à Arsène Nsiete (2-2, 45'+2). En supériorité numérique, Sainte-Geneviève va dicté logiquement les débats en début de seconde période. Très percutant sur son côté droit, Benjamin Basse voit sa frappe fuir le cadre, à la suite d'un bel enchaînement dans la surface (73'). Puis c'est au tour de Marvyn Belliard de s'illustrer. Le meilleur buteur génovéfain, trompe la vigilance du portier d'Ivry d'une belle frappe excentrée côté gauche (3-2, 76'). En reprenant les commandes à un quart d'heure du terme de la rencontre, Sainte-Geneviève-des-Bois pensait avoir fait le plus gros du chemin.


C'est sans compter sur la pugnacité des Ivryens. Très bien organisé en 4-4-1, les joueurs de N3 n'hésite pas à se projeter rapidement vers l'avant à la récupération du ballon. Plusieurs fois au cours de la seconde mi-temps, Ivry s'est servi de la vitesse balle au pied d'Olivier-Pierre Dionga pour semer le doute dans la défense de Sainte-Geneviève. À 7 minutes du terme, Fernandez égalise pour Ivry contre toute attente (3-3). Les joueurs de N3 pensent alors tenir les prolongations... jusque dans les dernières minutes du temps additionnel. Moment choisi par le milieu Konté pour tromper le gardien d'Ivry pour la 4ème fois de la soirée et délivrer Sainte-Geneviève.


Outre la qualification et la ribambelle de buts proposée, cette victoire n'est par rassurante pour Sainte-Geneviève dans l'optique du championnat. Les Essonniens ont semblé subir les évènements et l'extrême friabilité défensive a failli coûter cher face à une équipe réduit à 10 durant la moitié de la rencontre. Titulaire pour la deuxième fois de l'année en Coupe de France, Laurent Petchy, tout comme son homologue d'Ivry, ne s'est pas montré à son avantage. Actuellement 8ème de son groupe de National 2, Sainte-Geneviève aura l'occasion de confirmer cette qualification lors de la réception du voisin drancéen la semaine prochaine. 

lundi 17 juin 2019

LE RED STAR DÉVOILE SES NOUVEAUX MAILLOTS... SUR GOOGLE STREET VIEW

En constante recherche d'innovation, le Red Star a présenté de manière original ses maillots pour la saison 2019-2020. Le club audonien a dévoilé ses nouvelles tuniques via le service de navigation virtuelle de Google, Street View. Une première dans le monde du football.

Cette opération marketing inédite permet aux supporters de parcourir virtuellement Saint-Ouen et le quartier du stade Bauer, et d'y découvrir les maillots de la saison prochaine. Ces derniers sont portés par des livreurs, un skateur ou encore un groupe de jeunes à deux pas du stade. Surnommé #NotreMaillotNotreQuartier, ce coup de communication est une manière originale d'encrer le Red Star dans son territoire et de célébrer le retour de l'équipe première dans son antre mythique de Bauer. 

En ce qui concerne les maillots en eux-mêmes, l'originalité est également de mise. Tandis que les tuniques extérieures et de gardien sont roses, jaunes fluo et orange, le maillot domicile allie le vert pin et le noir. Des motifs striés sont présents sur le plastron vert, tandis que les manches sont noires.

Le maillot domicile
Le maillot extérieur














Ces prises de risque divisent pourtant les supporters audoniens. Tandis que certains fans soulignent une certaine audace, d'autres sont déçus par le choix des couleurs. Ces derniers déplorent l'absence de blanc sur le maillot domicile. Seul club français de haut niveau à évoluer en vert et blanc, ces couleurs font la fierté des supporters de l'Étoile rouge.

>>> Les maillots du Red Star sur Street View

lundi 27 mai 2019

AS SAINT-MANDÉ, L'AMOUR AVEUGLE DU BALLON ROND

Des athlètes « extra-ordinaires » ? Les joueurs de l'équipe de cécifoot de Saint-Mandé font l'étalage de leurs qualités techniques malgré un bandeau qui leur obscurci les yeux. Un moyen pour eux de se libérer momentanément du handicap et de s'épanouir dans leur vie. Rencontre lors d'un entraînement à Bezons.
 
Yvan Woudandji, attaquant star de Saint-Mandé, accompagné du gardien Benjamin
Photo : Martin Rigaud-Pezzoni

En ce début mai, le temps est capricieux au dessus de la région parisienne. Un endroit semble pourtant échapper à la morosité ambiante : l'Urban Five de Bezons. Lorsque l'on pousse la porte de l'établissement sportif, l'atmosphère cosy est rythmée par le bruit des balles et des exclamations peu communes reviennent avec insistance : « Voy, voy, voy, voy... ». Ces cris brefs et continus proviennent d'un petit terrain - le ''Pelé'' - à l'écart des autres. À l'intérieur, une poignée de joueurs s'entraînent avec application. Maillots sur le dos, crampons aux pieds et grands sourire aux lèvres, ces sportifs s'apparentent à bon nombre de footballeurs. Pourtant, Yvan, Atar, Vignesh, Tidiane et Hacène sont déficients visuels. Accompagnés du gardien Benjamin, de leur guide Loïc et de deux autres bénévoles, ils forment l'équipe de cécifoot de Saint-Mandé. 

Sur le terrain, l'intensité est de mise et la sueur ne tarde pas à faire son apparition sur les maillots aux couleurs dépareillées. Les exercices avec et sans ballon s'enchaînent. Un joueur se démarque des autres. Buste légèrement incliné en avant, Yvan Wouandji possède une facilité balle au pied et une rapidité d'exécution qui détonne. « Il a une sacrée qualité technique » laisse échapper le guide Loïc, admiratif. Affublé de son numéro 11, Yvan fait figure de star à Saint-Mandé. À 26 ans, le franco-camerounais possède un beau palmarès avec un titre de champion d'Europe en 2011 et de vice-champion paralympique avec l'équipe de France en 2012.

Le cécifoot, un autre football 

« Le cécifoot, c'est du football à cinq adapté aux déficients visuels » nous explique Yvan Wouandji. Cette discipline est pratiquée sur un petit terrain entouré de panneaux, pour éviter que le ballon à grelots et les joueurs ne sortent. Ces derniers sont équipés d'un bandeau sur les yeux afin de « préserver l'équité », à l'exception du gardien qui est l'unique joueur valide. Yvan souligne le fait qu'au cécifoot la communication est essentielle. « Sur le terrain, comme on ne se voit pas, on parle beaucoup. Il y a plusieurs codes : « j'ai » quand on a la balle, « passé » ou encore « voy » lorsqu'on n'est pas porteur de la balle. Cela nous permet de comprendre ce qui se passe sur le terrain. »

Ces annonces régulières de la part des joueurs et le bruit continu des grelots du ballon rendent l'entraînement très bruyant. Il faut ajouter à ce brouhaha ambiant le guide qui donne ses instructions depuis la cage du gardien : « 12, 10, 9... axe, axe... tir ! ». Le rôle de guide est propre au cécifoot. Sa mission consiste à indiquer la position de l'attaquant pour qu'il puisse visualiser le but. À Saint- Mandé, le poste est occupé par Loïc, un étudiant, extrêmement jovial, « à la voix qui porte ». 

Comme tous les membres du club, Loïc est bénévole. Le jeune homme est tombé dans le cécifoot au hasard d'une rencontre avec Yvan Wouandji, lors d'un match de l'équipe de basket de Nanterre. Loïc se laisse convaincre et teste le cécifoot au poste de gardien, puis de guide. Passionné de basket, le cécifoot lui était alors inconnu. « Je n'avais jamais mis les pieds dans un five avant ma rencontre avec Yvan » s'amuse Loïc. 

Autonomie, entraide... des moyens d'oublier le handicap 

À Saint-Mandé tout gravite autour d'Yvan. Aux manettes de l'entraînement ce matin, il ne manque jamais de conseiller et d'encourager ses coéquipiers. Comme par exemple avec le jeune Atar, 16 ans, qui a un peu plus de mal aujourd'hui « à se signaler et à frapper ». Yvan s'occupe également de promouvoir le cécifoot dans les médias et auprès du grand public. Avec ses coéquipiers, ils mènent des actions de sensibilisation dans les écoles, les associations et les entreprises. « On essaie d'être des ambassadeurs de notre cause à notre niveau » confie Yvan. Il retire son bandeau et son ton devient un peu plus grave : « On veut que les gens nous jugent sur ce que l'on fait et non sur ce que l'on a... On veut faire changer le regard sur le handicap et faire comprendre au grand public que l'on vit comme tout le monde ». Ses coéquipiers acquiescent silencieusement. 

« Lorsque j'ai perdu la vue, le cécifoot a été une véritable bouée » admet Yvan Wouandji. L'attaquant explique qu'après avoir perdu la vue à 10 ans, le cécifoot l'a aidé à mieux appréhender son handicap. « Sur le terrain comme dans la vie quotidienne, on appréhende les déplacements, les mouvements et la communication. En jouant, j'ai vraiment l'impression de faire des parallèles constant avec ma vie ». Comme le précise Yvan, la pratique du cécifoot permet ainsi de développer des facultés d'analyse et d'écoute ou encore « d'améliorer le rapport à l'espace ». Tout cela permet aux joueurs de gagner en autonomie et de mieux appréhender les tâches de la vie de tous les jours. 

Défenseur loquasse de l'équipe, Vignesh met en avant le côté « émancipateur » du cécifoot. Il souligne « l'importance de rencontrer des personnes qui ont chacun une expérience différente et d'échanger par rapport à cela. Pour l'intégration sociale, c'est important ! ». Yvan renchérit: « Entre nous, on n'a pas le blocage du handicap ». En effet, tous les joueurs de l'équipe ont un parcours qui leur est propre. À l'image de Tidiane, qui est arrivé en France en 2012 depuis la Mauritanie. Le cécifoot a facilité l'intégration de ce grand gaillard à la « frappe surpuissante ». Soutenu par ses coéquipiers, Tidiane devrait prochainement obtenir ses papiers et sûrement postuler pour une place en équipe de France. 

Cette solidarité et cette entraide dépasse le cadre purement sportif. Le cécifoot fédère les membres du club, aussi bien non-valides, que valides. À l'image d'Yvan, Tidiane, Vignesh ou encore Loïc, cette cohésion fait la force de l'AS Saint-Mandé. Une grande famille à la devise sans équivoque : « Le partage est notre but ».

samedi 9 mars 2019

DRANCY-CHAMBLY : UN EXPLOIT QUI RELANCE LA JEANNE D'ARC

La JA Drancy a créé la sensation de cette 25ème journée de National en écrasant à domicile l'ex-leader, Chambly, 3-0. Toujours lanterne rouge, le club de Seine-Saint-Denis voit l'espoir du maintien se raviver.

Cette rencontre entre deux voisins se présentait comme un choc des extrêmes. En effet, 35 points séparaient les deux formations à l'entame du match. D'un côté, le promu Drancy qui vit une saison compliquée, englué à la dernière place depuis la 4ème journée. De l'autre, le solide leader Chambly qui tournait à plein régime. Les joueurs de Bruno Luzi restait sur quatre victoires consécutives, pour neuf buts marqués et aucun encaissé. Pourtant, l'entraîneur oisien déclarait au Parisien "craindre ce court déplacement" en terre drancéenne... Ces inquiétudes se sont vérifiés.


Bilal El Hajjam fait chuter Chambly

Dans un stade Charles-Sage acquit à la cause des visiteurs, près de 200 supporters de Chambly ont fait le déplacement, Drancy à fait honneur à ses valeurs combattives. Emmenée par son capitaine Aziz Dahchour, la Jeanne d'Arc imprime un gros tempo dès l'entame de match. Après une première occasion de Marvin Diop, Abdallah Imamo ouvre le score au quart d'heure de jeu après une mésentente de la défense camblysienne (1-0, 18'). Par la suite, Chambly tient davantage le ballon sans pour autant se montrer dangereux. Au retour des vestiaires, c'est à nouveau Drancy qui va surprendre la défense Oisienne sur une reprise d'El Hajjam qui fait mouche (2-0, 47'). Le passage du 3-5-2 en 4-3-3 de Chambly n'y change rien, les Drancéens tiennent le match par le bon bout. La Jeanne d'Arc tue définitivement le suspense à l'heure de jeu par El Hajjam. Étrangement esseulé, le jeune milieu de terrain se voit offrir un doublé sur un coup-franc de Dahchour (3-0, 61'). Les jeux sont faits. Rigoureux défensivement jusqu'au bout, Drancy n'a laissé que très peu d'espace aux attaquants camblysiens, et notamment à Joris Correa. Ces derniers ne parviendront pas à tromper Desprez et mettent un terme à leur dynamique de quatre victoires d'affilées. Avec ce revers, Chambly perd sa place de leader au profit de Rodez mais garde une large longueur d'avance sur le troisième, Le Mans.

Drancy n'est pas mort !

Cette victoire contre toute attente est synonyme de bouffée d'oxygène pour Drancy. Toujours dernier de National, les joueurs de Malik Hebbar obtiennent leur quatrième victoire de la saison et reviennent à 7 points de Tours, premier non-relégable. Ce succès confirme les prestations encourageantes face à des équipes de tête, telles que Rodez et Laval, qui s'étaient soldées par des défaites, faute de réalisme. Cela vérifie également la solidité de Drancy à domicile qui a engrangé seize de ses dix-neuf points à Charles Sage ! À 10 journées de la fin du championnat, la Jeanne d'Arc jette ses dernières forces dans la bataille avec pour seul objectif : le maintien. 

lundi 7 janvier 2019

NOISY C'EST GRAND !

Dans un stade Léo-Lagrange comble, Noisy-le-Grand a créé la sensation en éliminant l'équipe de Ligue 2 du Gazélec Ajaccio sur le score de 2-1. Le club francilien de Régional 1 se qualifie pour la première fois en 16ème de finale de Coupe de France.

Jamais deux sans trois ! Après les exploits de Viry-Châtillon et de l'Entente-SSG hier, Noisy-le-Grand est parvenu à faire tomber le GFC Ajaccio en 32ème de finale de Coupe de France (2-1). Devant les 3500 supporters du Stade Léo Lagrange de Beaudreuil, la formation du 93 a sûrement réalisé le plus belle exploit de son histoire.

À lire aussi : Le Red Star et la Coupe de France, une histoire d'amour

Le match ne pouvait pas mieux démarré pour le petit poucet. Après seulement quatre minutes de jeu, une tentative de "une-deux" dans la surface ajaccienne est malencontreusement déviée par le défenseur N'Doye et finie sa course au fond des filets. Les spectateurs n'en reviennent pas, Noisy mène 1-0. Très pressants en début de match, les Ajacciens ne s'affolent pas et reviennent logiquement au score par une tête de Blayac (1-1, 16'). Les compteurs sont remis à zéro ! Les Noiséens laissent le ballon aux GFCA mais ne concèdent pas d'occasion. C'est même eux qui vont faire basculer le match juste avant la mi-temps par l'intermédiaire de Salim Issaad. Lancé en profondeur par Coulibaly, l'attaquant est accroché par Ousseynou Ba à l'entrée de la surface de réparation. L'arbitre n'hésite pas une seconde et expulse directement le défenseur du GFCA. Sur le coup-franc, Salim Issaad se fait justice en trompant magnifiquement le portier David Oberhauser (2-1, 43'). C'est la double peine pour les pensionnaires de Ligue 2... qui ne s'en remettront pas.


Poussé par ses supporters et en supériorité numérique, Noisy-le-Grand va parfaitement gérer sa deuxième mi-temps. Usant parfois d'un peu de vice, les banlieusards sont exemplaires de bravoure et de maîtrise. À l'exception du face à face remporté par Pierre Petit Homme face à Cafimipon Gomis, le petit poucet n'a pas été inquiété par les professionnels d'Ajaccio. L'arbitre avait pourtant laissé duré le suspens en prolongeant la rencontre de huit minutes de temps additionnel... mais les Franciliens ont tenu bon. 

Au coup de sifflet final, des centaines de supporters en liesse envahissent la pelouse du stade Léo Lagrange pour célébrer leurs héros. Le président de Noisy, Nurettin Kalkan, est de la partie. Aperçu durant la rencontre, sur le bord du terrain, rongé par le stress, le dirigeant turc peut maintenant savourer. Son club vient de se qualifier en 16ème de finale de la Coupe de France en éliminant une équipe évoluant quatre division haut dessus.

vendredi 4 janvier 2019

LE RED STAR ET LA COUPE DE FRANCE, UNE HISTOIRE D'AMOUR

C'est une passion entre l'un des plus vieux clubs de l'hexagone et la doyenne des compétitions françaises. Une idylle quelque peu vieillissante, mais qui chaque année est ravivée... et ça depuis près d'un siècle. Alors que le Red Star reçoit Caen en 32ème de finale ce samedi, retour sur la relation très particulière qui unie le club audonien et « Dame Coupe ».

Aujourd'hui, lorsque l'on parle à un amateur de football de l'équipe du Red Star, les premiers mots qui lui viennent à l'esprit peuvent être « Jules Rimet », « club populaire », mais surtout « Coupe de France ». En effet, la majorité de la renommée du club banlieusard repose sur ses coups d'éclats dans cette compétition. Tout deux centenaires, ces deux dinosaures du football français ont pendant longtemps été étroitement liées. Créée en 1917 sous l'impulsion d'Henri Delaunay, la Coupe de France s'est très vite imposée comme la compétition phare française. Et qui dit grande compétition, dit forcément grandes équipes ! Créée vingt ans plus tôt, l'Etoile Rouge est alors emmené par une pléiade d'internationaux comme le gardien Pierre Chayriguès, le capitaine Lucien Gamblin, ou encore le buteur Paul Nicolas. Affublés de leurs maillots marine et blanc, les Redstarmen emportent tout sur leur passage durant l'après-guerre. Ainsi, le Challenge de la renommé en 1919 et le championnat de Paris l'année suivante passent sous pavillon audonien. Mais la compétition qui a réellement révélé le Red Star aux yeux du grand public reste la toute jeune, mais pas moins prestigieuse, Coupe de France. Absents de la première édition de 1917, les protégés de Jules Rimet ne vont pas se faire prier pour rattraper leur retard en engrangeant quatre Coupes dans les années 1920, puis une cinquième durant l'occupation allemande en 1942.

Un "gardien volant" XXL et une première Coupe dans l'escarcelle

Pierre Chayriguès
Dès 1921, le Red Star affronte en finale le tenant du titre, l'Olympique de Paris, au stade Pershing de Vincennes. Après avoir sortie l'AS Cannes (4-0) en quart de finale, puis le Racing Club de France de façon spectaculaire (4-3), l'Etoile Rouge n'est plus qu'à un match de la consécration face à son grand rival parisien. Première grosse surprise de cette finale : le retour du gardien star, Pierre Chayriguès ! Victime d'une fracture de l'épaule en 1919, le portier audonien n'avait plus fait d'apparition sur un terrain de football depuis lors. Sous les yeux ébahies des 18 000 spectateurs de Pershing, le « gardien volant » fait des prouesses face aux attaquants olympiens. Procédant en contre, le Red Star prend d'abord l'avantage par Robert Clavel (53'), puis doubla la mise vingt minutes plus tard par Marcel Naudin (77'). Malheureusement, les Audoniens perdent Juste Brouzes sur blessure et, faute d'un changement possible, évoluent à dix contre onze. L'Olympique de Paris revient à 2-1 à une quinzaine de minutes du terme de cette finale. Puis à la suite d'une énième parade de Chayriguès, Darques est sur le point d'égaliser dans les buts vides quand Gamblin, le capitaine audonien, arrête le ballon de la main sur la ligne ! L'arbitre, siffle logiquement un pénalty. Et c'est là que l'expérimenté Lucien Gamblin va se montrer décisif. Tandis que Jules Dewaquez s'apprête à se mesurer à Pierre Chayriguès, Gamblin s'approche du jeune attaquant olympien et l'interpelle : « Ecoute Jules, tu vas louper ce pénalty. Pierrot est imbattable. Il vaut mieux que je le tire, moi ». Mine de rien, ce léger "chambrage" déconcentre le gamin de l'Olympique qui s'élance et frappe trop mollement dans le ballon. Chayriguès récupère tranquillement le précieux bien tout en remerciant le malheureux tireur. Le gardien du Red Star est porté en triomphe ! Tel un revenant, il vient de permettre à son club de remporter sa toute première Coupe de France.

Une domination sans conteste

L'équipe de 1923
L'édition suivante, le Red Star Club revient à Pershing, sans avoir été inquiété les tours précédents, pour défendre son titre face au Stade Rennais. Devant 25 000 spectateurs, les Audoniens prennent un avantage de deux buts (Paul Nicolas et Sentubéry) fatal aux Bretons. La fête est totale puisque c'est Jules Rimet, fondateur du Red Star et alors président de la Fédération française de football, qui remet la coupe Charles Simon à Gamblin. Pour l’édition 1922-1923, les Audoniens domine Tourcoing (1-0), Roubaix (4-0), puis l’Olympique de Paris (1-0) en demi-finale. En finale, l’Etoile Rouge est opposé au FC Cette, vainqueur de façon litigieuse, sur tapis vert, en huitième de finale. La partie ne s’éternise pas. En moins d’une demi-heure, une pluie de buts s’abat sur le stade Pershing. Au bout de dix minutes, Marcel Naudin par deux fois (2’ et 7’) et Lucien Cordon (11’) donnent un avantage certain aux Marines et Blancs. Six minutes plus tard, Robert Joyaux tue le suspens en faveur des Redstarmen, tandis que Cornelius (16’) et Parkes (27’) réduisent la marque pour les Cettois (4-2). A Vincennes, le Red Star remporte sa troisième Coupe de France consécutive et est alors au sommet de sa grandeur. Le record établi par les Vert et Blanc a été égalé en 1948 par Lille, puis dépassé l'année dernière par le Paris-SG.

Paul Nicolas, encore et toujours là !

Paul Nicolas
Après le triomphe, le Red Star Club connait des années moins fructueuses, à cause notamment des fins de carrière de plusieurs de ses joueurs cadres. En 1924, il est sortie en huitième de finale par Sète (0-1), tandis que l’édition suivante, c’est le RC Strasbourg qui vient à bout du club de Saint-Ouen au quatrième tour. Le 26 avril 1926 le Red Star annonce sa fusion avec son rival parisien de l’Olympique de Paris, pour formé un seul et unique club : le Red Star Olympique. Les couleurs originelles marines et blancs disparaissent au profit du vert et blanc de l’Olympique. Malgré l’opinion défavorable des supporters, cette fusion relance le club qui remporte en 1928 sa quatrième Coupe de France. Après avoir écrasé 8-2 le Stade Français, le Red Star Olympique et le CA Paris se retrouve en finale lors de l’inauguration du stade de Colombes. Devant 30 000 spectateurs, les joueurs du Red Star évoluent pour la première fois avec une étoile rouge cousue sur le devant de leurs maillots blancs. Des buts de Wartel (8’), de Lund (33’) et du vétéran Brouzes (61’) permettent à l’Etoile Rouge de s’imposer 3-1 face au Cercle athlétique de Paris. Toujours présent sept ans après, l’attaquant Paul Nicolas devient le premier joueur à remporter quatre fois la Coupe avec le même club. L'enfant du Red Star quittera Saint-Ouen un an après et ira terminer sa carrière en Picardie, à Amiens.

Un rayon de soleil perce le ciel orageux

Le capitaine Georges Meuris
A l'aube des années 30, les temps sont plus durs pour le club banlieusard. Confrontés de plein fouet au début du championnat français de football professionnel, les Audoniens vont prendre la fâcheuse habitude de "faire l'ascenseur" entre la première et la seconde division. Incapables de retrouver les sommets en championnat, les Vert et Blanc compensent avec la Coupe de France. Entraîné par la légende argentine Guillermo Stábile échoueront deux fois en demi-finale face à l’Olympique de Marseille en 1935 (2-3) et le modeste club du FCO Charleville en 1936 (1-2). Paradoxalement le début de la Seconde Guerre mondiale coïncide avec le retour du Red Star sur le devant de la scène. Devant un public retrouvé (près de 10 000 spectateurs) et un duo Aston-Simonyi à son apogée, le club de Saint-Ouen sort tour à tour Versailles (10-0), La Roche-Rigault (5-2), Rouen (4-1), Bordeaux (2-1) et Reims (1-0). La France est alors séparé en trois, et pour glaner la précieuse Coupe, le Red Star doit remporter deux finales. La première oppose les coéquipiers de Georges Meuris au Racing Club de Lens, alors dans la zone interdite. Incapables de se départager (1-1 a.p.), Audoniens et Lensois doivent rejouer cette « petite finale », finalement favorable au Vert et Blanc, 5-2. Le 17 mai 1942 se dispute à Colombes la finale de la Coupe de France entre le Red Star (zone occupé) et Sète (zone libre). 44 654 spectateurs sont massés au stade olympique Yves-du-Manoir, pour voir les banlieusards venir à bout des Sétois, 2-0. Des réalisations de Vandevelde (45’) et de Fred Aston (72’) permettent au Red Star de glaner sa cinquième et dernière Coupe de France.


Quatre ans plus tard, le Red Star retrouve le chemin de la finale après avoir battu 3-2 son voisin du Stade Français en demi finale. Les supporters de l'époque ne le savent pas encore mais cette finale de Coupe face à Lille est la dernière des Audoniens. Malgré les 60 000 personnes massés dans l'enceinte de Colombes et les réductions du score d'Albert Moulet (47ème) et Lucien Leduc (69ème), les hommes d'Edmond Delfour  n'ont jamais semblé en mesure d'inquiéter la formidable armada lilloise qui s'imposer finalement 4-2.

Un amour contrarié ?

Naïm Sliti face à l'ASSE
Depuis, le Red Star a quelque peu perdu son lustre d'antan. Ballotté au gré des descentes et des remontées au sein des différents échelons du football français, les Audoniens ont de moins en moins l'occasion de se frotter aux grosses écuries. Absent de la première division depuis plus de 40 ans, l'Étoile Rouge peine également à tirer son épingle du jeu en Coupe de France. Les derniers faits d'arme sont peu nombreux. En 2012, le Red Star avait atteint les 32èmes de finale contre l'OM (0-5), tandis qu'en 2000 et en 2015 il s'était cassé les dents face à Lyon (1-2) et Saint-Etienne (1-2) en huitième de finale... Cette année, le Red Star reçoit une formation de Ligue 1 en 32ème de finale, le Stade Malherbe Caen. Mal en point en Ligue 2, les hommes de Faruk Hadzibegic ne sont pas favoris. Mais poussés par un stade Bauer à guichet fermé, ils tenteront de créer l'exploit et de ravivez la flamme qui unis « Dame Coupe » et l'Étoile Rouge.

mardi 11 septembre 2018

LES SUPPORTERS DU RED STAR NE LÂCHENT PAS BAUER !

L'équipe première étant exilée à Beauvais, une grande partie des supporters du Red Star continuent leur combat pour la rénovation du stade Bauer cinq divisions plus bas. Le temps d'un match, les fans se sont retrouvés pour la première rencontre de la réserve à Bauer.

La lutte se poursuit pour les supporters du Red Star. Comme il y a trois ans, l'équipe première se retrouve délocalisée au stade Pierre-Brisson de Beauvais, et comme il y a trois ans les groupes de supporters audoniens boycottent. Pour le Collectif Red Star Bauer et les Red Star Fans, le stade Bauer fait partie intégrante du club et il est inconcevable de voir l'un sans l'autre. Stade centenaire, chargé d'histoire, Bauer est un symbole que les supporters du Red Star veulent voir perdurer. C'est pourquoi, un appel a été lancé à tous les fans de l'Etoile Rouge pour venir assister au match de la réserve face à l'Olympique Adamois, ce dimanche, et "continuer de faire vivre le stade".

Un après-midi à Bauer, entre festivités et soutien à Clément Méric !

Répondant à l'appel général, quelques centaines de supporters se sont donc réunis en début d'après-midi devant le local des Red Star Fans. Dans une ambiance conviviale et festive, les fans étaient invités à prendre part à un barbecue, puis à soutenir pendant 90 minutes l'équipe B qui était opposée à l'Olympique Adamois pour le compte de la deuxième journée de Régional 2. Sur le papier, le match n'avait rien de très attrayant. Le championnat de R2 correspond, en effet, à la septième division du football français... Mais là n'était pas l'important. Durant toute la durée de la rencontre, les chants n'ont pas cessé.

Barbecue et buvette
Tantôt pour militer pour la rénovation du stade Bauer, tantôt pour soutenir l'équipe, ou pour la mémoire de Clément Méric. Jeune activiste antifasciste et supporter du Red Star, Clément Méric avait trouvé la mort il y a cinq ans à la suite d'une altercation avec des skinheads d'extrême droite. Le procès des trois nationalistes impliqués dans la rixe se tenant actuellement à la Cour d'assises de Paris, les fans audoniens ont rappelé "qu'ils ne pardonneront jamais". Une banderole sur laquelle on pouvait lire "Ne pas baisser les yeux face à l'extrême droite, Clément présent" a également été exhibée.

Malgré la courte défaite la mobilisation se poursuit

En ce qui concerne le match, la réserve du Red Star était opposée à une solide équipe de l'Isle-Adam. Très compacte au milieu de terrain et composé de joueurs aux grands gabarits, l'Olympique Adamois a rapidement mis en difficulté les Audoniens. Une barre transversale et un but refusé ont fait office d'avertissement, avant que l'attaquant Val-d'Oisien, Djimé Diallo, n'ouvre le score sur pénalty (0-1, 22'). Piqués au vif, les joueurs de l'Étoile Rouge égalisent dans la foulée par l'intermédiaire de Cazenave (1-1, 26'). L'occasion pour le Kop de laisser éclater sa joie et de craquer quelques fumigènes en toute liberté... ah les plaisirs des divisions inférieures !

Ouverture du score de Dillo
No fumi, no party !
Outre de légers problèmes de flocage et un but - inratable - manqué par le N°9 audonien, le score ne bouge plus jusqu'à la pause. Au retour des vestiaires, le jeu baisse légèrement d'intensité mais ce sont les Redstarmen qui contrôlent le ballon. D'ailleurs, les occasions franches sont à mettre à l'actif des hommes de Sébastien Robert. Ce nom doit sûrement parler aux suiveurs de l'équipe audonienne. En effet, lors de la saison 2014-15, c'est sous les ordres de Sébastien Robert que le Red Star a retrouvé la Ligue 2, 16 ans après son précédent passage. Remplacé à l'issu de la saison par Rui Almeida, il a ensuite pris les reines de la réserve.

En fin de rencontre, tandis que le Red Star poussait pour s'imposer, l'attaquant Djimé Diallo profite d'un contre pour inscrire un nouveau but et donner la victoire sur le fil à l'Olympique Adamois (1-2, 89'). Une légère déception se fait sentir dans les tribunes, mais pour les supporters, la finalité de cet après-midi n'était pas forcément le résultat. L'important était de montrer la capacité de mobilisation des supporters pour leur stade et de continuer à faire vivre la lutte pour Bauer.

Le public salue les 22 acteurs

mardi 4 septembre 2018

PARIS FC, LA SAISON DE LA CONFIRMATION ?

Le mercato a plié boutique ce vendredi, ce qui signifie que les forces en présences des différents clubs franciliens sont maintenant connus. Aujourd'hui présentation d'une équipe du Paris FC ambitieuse, bien que très largement remaniée.

On entend souvent que pour un promu, la seconde saison s'avère être plus délicate à négocier que celle qui suit l'accession à l'échelon supérieur. On peut expliquer cet adage de plusieurs manières (euphorie de la montée, dynamique de groupe, joueurs conditionnés à jouer le maintien...), mais ce qui est certain c'est que cela se vérifie très souvent. D'ailleurs, le cas d'un voisin francilien peut être pris à titre d'exemple, le Red Star. Lors de la saison 2015-16, le club de Saint-Ouen avait fait son retour en Ligue 2 de manière remarquée et remarquable, en terminant cinquième, à un point de l'accession en première division. Amputé de ses principaux talents à l'intersaison, l'Étoile Rouge avait vécu un second exercice cauchemardesque, ponctué d'une 19ème place, loin derrière le premier non-relégable, Auxerre. Cette année le Paris FC se trouve dans une situation similaire à celle vécue par son rival audonien il y a deux saisons. Auteur d'une fabuleuse saison qui les a vu lutter jusqu'à la fin pour le podium, le PFC va devoir confirmer avec comme ligne de mire le maintien. En effet, le club de la capitale a perdu gros durant le mercato estival. Des piliers qui soutenaient le Paris FC la saison dernière, il ne reste plus grand monde. Fabien Mercadal, Malik Tchokounté et Hervé Lybohy ont été happé par les sirènes de la Ligue 1, tandis que Thomas Delaine s'est expatrié chez LE favoris à la remontée, Metz.

Le Stade Malherbe de Caen, le nouvel eldorado ?

Mécha Bazdarevic (Yahoo.com)
Le premier à avoir quitté le navire parisien n'est autre que l'entraîneur, Fabien Mercadal. En seulement un an, le Provençal a su façonner une équipe compétitive avec des joueurs initialement disposés à évoluer en National. En effet, le Paris FC avait été repêché dans les derniers instants en Ligue 2 suite à la relégation administrative de Bastia. Mercadal a donc brillé par sa capacité à tirer le maximum de son effectif. Et cela n'a pas échappé à plusieurs formations huppées, telles qu'Amiens, Troyes, Lens ou encore Caen. Fabien Mercadal s'est finalement envolé vers Caen, emmenant dans ses valises un autre Parisien, Malik Tchokounté. Meilleur buteur du Paris FC avec 12 réalisations, l'attaquant était également essentiel par sa capacité à faire jouer ses coéquipiers, à être un point d'appui ou encore à conserver le ballon à l'aide de son imposant gabarit. Le remplacement de Mercadal et Tchokounté n'était pas une mince affaire pour les dirigeants parisiens. En ce qui concerne le recrutement de l'entraîneur, ces derniers ont opté pour l'expérimenté Mécha Bazdarevic. Avec plus de 200 matchs au compteur en France, l'entraîneur bosniaque sait où il met les pieds. Plutôt défensif dans l'âme, « Bazda » aura l'objectif de maintenir son équipe et pourquoi pas de réaliser la surprise d'une promotion en Ligue 1 comme cela avait été le cas avec Istres et Grenobles. En ce qui concerne le secteur offensif, le numéro 9 recruté par le Paris FC se nomme Yannick Mamilonne. Prêté par Amiens, l'attaquant guadeloupéen a tout de suite été installé à la pointe de l'attaque parisienne. Un peu moins physique et collectif que Tchokounté, l'ex-Orléannais de 26 ans est également plus sujet aux coups d'éclat. À l'image de ses deux beaux buts inscrits depuis son arrivée dans la capitale face à Brest et Nancy.


Une équipe très largement remaniée

Thomas Delaine (leparisien.com)
Le grand chambardement était à tous les étages pour le Paris FC. Des onze titulaires de la saison passée, seuls cinq sont toujours présents : l'inamovible Demarconnay dans les buts, Bong en défense central, Akichi au milieu de terrain et Lalaina et Saint-Louis en attaque. Avec plus de la moitié des titulaires transférés, Bazdarevic repart de zéro. Même son milieu de terrain, qui avait gardé une certaine stabilité par rapport à la saison passée, a été amputé du talentueux Redouane Kerrouche dans les derniers instants du mercato. Également orphelin de son capitaine, Hervé Lybohy, très tôt dans le mercato, le Paris FC a pu anticiper et recruter Ousmane Kanté pour combler le manque. Très solide lors de ses premières prestations parisiennes, le défenseur central aura fort à faire pour faire oublier le roc Lybohy. Recruté à Bézier, la venue de Kanté est dans la droite ligne du réseau PFC-Béziers mis en place depuis quelques années. Cela a permis les arrivées de Yohou ou Akichi dans la capitale et le départ de Sidibé dans l'Hérault. Auteur de 33 matchs de Ligue 2 la saison dernière, le latéral droit Guinéen a été remplacé par le Suisse, Vincent Rüfli, qui évoluait à Dijon la saison passée. Autre latéral qui a fait parler de lui durant ce mercato : Thomas Delaine. Assurément le joueur parisien le plus en vu la saison dernière, Delaine a été courtisé tout au long de l'été. Âgé de 26 ans et révélation de la saison passée, le latéral gauche parisien a reçu plusieurs offre d'écuries de L1 sans que la transaction n'aboutisse. Ce feuilleton a tenu en haleine tous les supporters du PFC qui ont longtemps espéré garder Thomas Delaine. Mais le dossier s'est finalement débloqué dans les derniers jours du mercato avec le FC Metz, grand favoris du championnat de Ligue 2. Inquiets d'un achat irréfléchi de dernières minutes pour le poste d'arrière gauche, les supporters parisiens ont vu débarqué un jeune joueur de l'OGC Nice, Romain Perraud. Âgé de 20 ans et prêté sans option d'achat, le latéral est considéré comme un joueur extrêmement prometteur. Il a notamment déjà disputé une rencontre de Ligue 1 et deux de Ligue Europa.

L'attraction Pitroipa

Pitroipa et "Bazda" (Paris FC)
La tête de gondole du mercato parisien n'est autre que Jonathan Pitroipa. Arrivé dans la capitale début août, l'ailier de 32 ans tentera d'apporter son expérience du haut niveau à une équipe plutôt jeune. Passé par Hambourg ou encore le Stade Rennais, l'international burkinabé a notamment remporté le titre de meilleur joueur de la Coupe d’Afrique des nations 2013. Promis à un avenir européen, Jonathan Pitroipa s'est finalement exilé aux Émirats arabes unis à l'été 2014. Quelque peu sorti des radars, son arrivé au Paris FC signe son retour sur le devant de la scène. Véritable feu follet durant ces jeunes années, le natif de Ouagadougou aura la tâche de servir dans les meilleurs conditions Yannick Mamilonne ou Azevedo, autre recrue parisienne en provenance de République Tchèque. Extrêmement attendu par le coach Bazdarevic mais à court de forme physique, Pitroipa a fait son retour sur les terrains vendredi face à Troyes (2-0).

La composition d'équipe probable

lundi 3 septembre 2018

ENTRE "OBJECTIF MAINTIEN" ET EXIL, PRÉSENTATION DU RED STAR 2018-19

Le mercato a plié boutique ce vendredi, ce qui signifie que les forces en présences des différents clubs franciliens sont maintenant connus. Aujourd'hui focus sur le Red Star version 2018-19.

Nicolas Douchez (Le Parisien)
Aussi vite relégué, aussitôt remonté. Le Red Star n'a pas traîné en route pour revenir au sein du giron professionnel. Douze mois après sa relégation en troisième division en mai 2017, l'objectif audoniens a été remplie avec brio. Champion de National devant Béziers et Grenoble, le Red Star est de retour en Ligue 2. Emmené par un effectif plutôt jeune (23 ans de moyenne d'âge lors du dernier match face à Lyon-Duchère), le Red Star risquait de pêcher par manque d'expérience dans son objectif de course au maintien. En effet, beaucoup de Redstarmen n'avaient jamais goûté au parfum du monde professionnel à l'image de Baradji, Ferreira, Sy ou encore Lapoussin. Le recrutement a donc été ciblé sur des joueurs expérimentés, pouvant encadrer la prometteuse jeunesse audonienne. La venue du gardien Nicolas Douchez en est le parfait exemple. Le portier de 38 ans comptabilise plus de 300 matchs professionnels avec le Paris-SG, Rennes, Toulouse ou encore Lens dernièrement. Évincé du groupe lensois pour des affaires extra-sportives, Douchez n'en reste pas moins un gardien d'un excellent niveau comme le démontre son titre de meilleur gardien de Ligue 2 il y a deux saisons. Véritable taulier de vestiaire, son rôle sera également d'épauler Sébastien Rénot qui a brillamment tenu les cages audonienne la saison passée et qui a prolongé pour trois saisons. L'expérience est également incarné par la venue du latéral gauche Edson Sedou, qui était déjà passé par le Red Star et qui a pris du galon du côté d'Orléans, de Grégory Berthier qui malgré son jeune âge (22 ans) a été sacré champion de Ligue 2 avec Reims ou encore du milieu offensif Emmanuel Bourgaud. Titularisé lors des quatre premières rencontres de Ligue 2, Bourgaud est la pierre angulaire du 4-2-3-1 de Régis Brouard. L'ancien Amiénois – connu pour son but à la 96ème minute synonyme de montée en Ligue 1 – tentera de faire jouer sa technique pour servir dans de bonnes conditions les attaquants audoniens, et plus particulièrement Julio Donisa.

Julio Donisa, un futur dynamiteur de défense ?

Longtemps à la recherche d'un véritable buteur la saison dernière, le Red Star s'était finalement reposé sur Abdoulaye Sané, meilleur buteur de National 1 et grand artisan de la montée. Mais voilà, l'attaquant de 27 ans a préféré changer de navire en s'engageant avec le FC Sochaux-Montbéliard à l'inter-saison. Le Red Star se devait donc de se renforcer offensivement pour tenter de palier le manque. Au fil de l'été, c'est donc Moussa Sao, Jordan Faucher et Julio Donisa qui ont rejoint Saint-Ouen. Ce dernier semble apparaître comme le plus prometteur des trois. Élu révélation de National et auteur de 8 buts en 31 apparitions, l'ex-attaquant de Concarneau a toutes les qualités pour réussir au plus haut niveau. Buteur longiligne âgé de 24 ans, Donisa aime avaler les espaces et faire jouer sa pointe de vitesse. Régis Brouard l'a bien compris, en témoigne les premières rencontres de Ligue 2 où l'attaquant a énormément été recherché en profondeur par ses coéquipiers. Auteur d'un but depuis la reprise du championnat, Julio Donisa devra se montrer un petit peu plus incisif devant le but. Mais si il est bien servi par ses coéquipiers, avec une efficacité retrouvé, il pourrait bien être l'une des révélations de cette saison. 
 
















Un nouvel exil forcé à Beauvais qui pèsera sûrement lourd

(collectifredstarbauer.wordpress.com)
Comme lors de sa précédente promotion en Ligue 2, le Red Star est contraint de quitter son stade Bauer pour s'exiler à Beauvais, en Picardie. Atout essentiel de son retour dans le giron professionnel, le stade Bauer n'est toujours pas aux normes de la Ligue de Football Professionnel. Le dossier de rénovation du stade est toujours au point mort et les différents acteurs que sont la municipalité, le club et la région se renvoient la pierre concernant le coût de la rénovation. Soucieux de s'éloigner le moins possible de Saint-Ouen, le président Haddad était tombé d'accord avec la mairie de Colombes pour occuper le Stade Yves-du-Manoir. Mais le projet avait été retoqué par la LFP, pour un manque d'éclairage (il manquait 220 lux !), au grand désarrois des supporters de l'Etoile Rouge... En effet, ce sont eux qui sont pénalisés en premier lieu et qui vont avoir beaucoup de mal à venir encourager leur équipe cette saison. Lors de la première journée face à Niort, certains d'entre eux ont mis entre deux et trois heures pour effectuer les 80 kilomètres qui séparent Saint-Ouen du stade Pierre-Brisson ! Juste avant le début du championnat, le groupe de supporters des Red Star Fans a d'ailleurs annoncé dans un communiqué qu'il boycotterai les rencontres à domiciles. Cette délocalisation en Picardie pourrait donc s'avérer infructueuse et coûter chère sportivement. Il y a trois ans, le Red Star avait perdu l'essentiel de ses points à "domicile", ce qui lui avait coûté la promotion en Ligue 1 pour seulement un seul petit point...

La composition d'équipe probable
  

mercredi 27 juin 2018

PASTORE : CIAO L'ARTISTE...

L'histoire d'amour entre le Paris-SG et Javier Pastore est désormais consumée. Après sept saisons d'ascenseur émotionnel, El Flaco s'est engagé avec l'AS Roma hier. Entre coups de génie et blessures à répétition, hommage à l'Argentin le plus aimé du Parc des Princes.

Lundi sur les coups de 18 heures, l'avion de Javier Pastore atterri à l'aéroport Ciampino, non loin de Rome. Accueilli par plusieurs dizaines de tifosi romains, présents pour lui souhaiter la bienvenue, le milieu offensif argentin esquisse un sourire : un nouveau défi s'offre à lui. 1 400 kilomètres plus au nord, les supporters du Paris-SG ont encore du mal à y croire, mais c'est bel et bien fini. Après sept saisons marquées de coups d'éclat et de pépins physiques, Pastore quitte définitivement le PSG et rejoint l'AS Roma pour quatre saisons. Le transfert de l'Argentin, évalué à 24 millions d'euros, était pourtant inéluctable. Trop souvent blessé et inconstant, Pastore manquait de temps de jeu. Lors de sa présentation à la presse, le milieu offensif de 29 ans a évoqué sa volonté de « se sentir à nouveau important » à la Roma. Pourtant, malgré des apparitions qui se sont rarérifiées au fil des années, El Flaco reste encore aujourd'hui le principal chouchou du Parc des Princes. Personnage discret et attachant, Pastore est bien plus qu'un simple joueur, c'est un symbole pour tout amoureux du Paris-SG ou même de football tout simplement. Tout droit venu de Palerme à l'été 2011 pour 42 millions, le natif de Cordoba était la première tête de gondole du projet QSI. Il incarnait, en quelque sorte, le renouveau parisien. Dans la lignée des princes du Parc que sont Susic, Dahleb, Ginola ou encore Ronaldinho, Pastore était le premier prince de l'ère qatari.

El Flaco, l'esthète du Parc des Princes

Ce que les Parisiens retiendront de Javier Pastore n'a rien à voir avec le nombre de buts marqués, de passes décisives, ou bien de matchs joués. En effet, bien que l'Argentin soit tout de même le troisième meilleur passeur et le quinzième meilleur buteur de l'histoire du club de la capitale, les statistiques ne permettent pas de cerner ce type de joueur. Ce que les Parisiens retiendront de Pastore c'est plutôt l'esthétisme de son jeu, car Javier est un magicien du ballon.  Ce n'est pas un joueur rapide, ce n'est pas un véritable attaquant, ni même un véritable milieu de terrain, Pastore est un joueur à part. Un profil atypique qui n'existe plus de nos jours. Une sorte de numéro 10 à l'ancienne, capable de créer le danger à tout instant, d'illuminer le jeu sur une passe que lui seul peut voir, de régaler le public du Parc de coups du foulard, d'extérieurs du pied subtilement touchés, de talonnades et autres « grigris » qui font le charme du football. C'est le genre de joueur qui est capable de retourner les foules à l'image de son raid victorieux depuis le poteau de corner en quart de finale de Ligue des champions face à Chelsea (3-1) il y a quatre ans. Un but qui restera dans la mémoire de n'importe quel supporter parisien.
 


Entre déception et adulation : le paradoxe Pastore

Javier Pastore est ce que l'on pourrait appeler un génie sur courant alternatif. Capable de passer totalement à côté de ses matchs puis d'illuminer la rencontre de son pied droit. Cette dose de bonheur à l'état pur permettait à une majorité de supporters de patienter jusqu'à son prochain coup d'éclat. Le "maigrichon de Cordoba" déchainait les passions. Durant ces années parisiennes, les « Pastoristes » - une sorte de secte défendant coûte que coûte l'Argentin - ont dû faire face à des fans beaucoup plus pragmatiques. Ces derniers voyaient en Pastore un talent gâché. Car il faut tout de même s'accorder pour dire que l'ex-palermitain possède également une face beaucoup plus exaspérante. Souvent remis en cause et critiqué pour ses blessures ou son inconstance tout au long de son septennat parisien, Javier est un joueur rempli de paradoxe : tantôt nonchalant, tantôt brillantissime. La comparaison avec le cristal caractérise en tout point Pastore : aussi brillant que fragile. Ses longs mois d'absence et ses nombreuses rechutes musculaires ont souvent agacé, mais n'ont jamais réellement altéré l'amour des supporters. Génie incompris, El Flaco est un joueur romantique à l'image des Riquelme, Ronaldinho et autre Maradona. Il n'est donc pas étonnant de le voir quitter la Ville Lumière pour aller rejoindre la Ville Éternelle. Arrivederci Javier et ne l'oublie pas, comme l'entonne à chaque match le Parc des Princes à propos du PSG, "tu ne seras jamais seul car nous deux c'est pour la vie !".
 

mardi 24 avril 2018

1989 : UN SOVIÉTIQUE ET UN AMÉRICAIN SOUS LE MAILLOT AUDONIEN

Retour trente ans en arrière, à la fin de la guerre froide, où un joueur soviétique et un joueur américain se sont retrouvés réunis sous un même maillot... celui du Red Star.

Pérez et Bubnov (allezredstar.com)
En ce début de saison 1989-90, les regards des amateurs de la seconde division sont braqués sur le Red Star, fraîchement promu. Et pour cause, le club de Saint-Ouen s'est donné les moyens de ses ambitions en remaniant en profondeur son effectif à l'intersaison. Sont recrutés successivement, l'ancien stéphanois Laurent Roussey, le gardien Régis Roche, Eric Stéfanini, Pascal Pain, Daniel Léopoldès, Alain Polaniok, Boris Diecket, Philippe N'Dioro, David Fanzel, ainsi que l'ex-entraîneur de Brest, Bernard Maligorne. Mais les deux transferts qui vont faire date cet été restent bel et bien ceux du libéro soviétique Alexander Bubnov et du capitaine de la sélection américaine, Hugo Pérez. Alors que la Guerre Froide s'apprête à toucher à son terme après plus de quatre décennies de conflit, les tensions persistent entre les deux blocs. Jean-Claude Bras, ancien joueur et président de l'époque, réussit donc un coup médiatique retentissant en associant pour la première fois un joueur américain et un joueur soviétique sous le même maillot. Le message est d'autant plus fort qu'il se déroule dans un club qui a comme blason une étoile rouge, et qui cultive son enracinement à gauche. Comme souvent, le Red Star se veut rassembleur. Il symbolise en quelque sorte - à sa petite échelle - le réchauffement des rapports entre les USA et l'URSS, ainsi que les prémices du règlement imminent du conflit.

Pérez, un but et puis s'en
Le coup franc victorieux de Pérez (G. Saillant)

Dès le début de saison, pourtant, les espoirs portés par la formation audonienne font un flop. Le 30 septembre, le Red Star reçoit le leader nancéien dans ce qui pourrait s'apparenter à un choc... un choc des extrêmes. En effet, les Franciliens sont alors bons derniers de D2 et comptabilisent déjà 9 points de retard sur leur adversaire du jour. Pourtant, à la surprise générale, le Red Star fait plus que résister face aux Lorrains. En seconde période, le score est toujours de 1-1 quand les Audoniens obtiennent un coup-franc à l'entrée de la surface. Le milieu offensif américain Hugo Pérez s'élance... et dépose, de sa patte gauche, le ballon au fond des filets de Nancy. Le Red Star mène 2-1. Malheureusement, l'américain ne peut célébrer son but car il se blesse aux adducteurs sur l'action et est obligé de quitter les siens sur civière. Grâce à lui, le Red Star s'impose à la surprise générale, 2-1, face au futur vainqueur de cette édition 1989-90. Ce coup-franc face à Nancy restera comme l'unique réalisation de Pérez avec l'Etoile Rouge. En effet, il se blessera une nouvelle fois gravement en mars face à Gueugnon et ne portera plus jamais le maillot vert frappé de l'étoile rouge.

Un pionnier venu tout droit de la Mère Patrie

Bubnov à la Coupe du monde 86 (gettyimages)
En ce qui concerne Alexander Bubnov, l'ex-libéro du Spartak Moscou rallie Saint-Ouen avec un statut de star. Triple vainqueur du championnat d'URSS et sélectionné à 40 reprises sous le maillot à la faucille avec lequel il disputera le Mundial 1986, le natif de Lioubertsy est censé apporter toute son expérience du haut niveau à la formation audonienne. Défenseur rugueux, le soviétique de 33 ans est pourtant plus proche de la fin que du début. Sacha, comme le surnomme les supporters de l'Étoile Rouge, disputera 27 matchs avec le Red Star et mettra un terme à sa carrière de footballeur professionnel à la fin de la saison. Par la suite Bubnov prendra la casquette d'adjoint de Michel Rouquette, et sera l'un des grands instigateurs de l'arrivée de Sergueï Rodionov et Fiodor Tcherenkov de l'autre côté de la Porte de Clignancourt. Cette saison 1989-90 ne restera pourtant pas dans les mémoires audoniennes. Malgré un recrutement faramineux, l'alchimie ne prend pas. Le Red Star patauge et évite la relégation  en D3 de justesse.

samedi 17 mars 2018

RED STAR : " BATTEZ-VOUS POUR LA MONTÉE ! "

Fébrile défensivement, le Red Star s'est à nouveau incliné dans les derniers instants face aux Herbiers, 1-2. Les Audoniens enchaînent un troisième revers consécutif au stade Bauer et voient la montée s'éloigner peu à peu. Les supporters commencent à s'impatienter.

Le constat est sans appel. Plus les journées de championnat s'égrènent et plus les chances de podium du Red Star s'amoindrissent. La faute à un début d'année famélique du point de vue des résultats pour un prétendant à la montée. Second de National à la trève, les Audoniens n'ont engrangé que 9 points depuis janvier, sur les 27 disponibles. Comme l'a martelé l'entraîneur Régis Brouard dans la semaine, le Red Star a grillé "tous ses jockers". Une victoire était donc impérative face au demi-finaliste surprise de la Coupe de France, Les Herbiers.

Mais les maux sont profonds. Inefficaces devant, malgré une maîtrise globale du ballon, les Redstarmen se font surprendre juste avant la mi-temps, sur le premier tir vendéen de la rencontre signé Florian David (0-1, 45'). Cette ouverture du score contre le cours du jeu est difficile à encaisser, mais les Audoniens repartent de l'avant poussés par le 2 200 supporters de Bauer. A dix minutes du terme de la rencontre, Sekou Baradji redonne de l'espoir en catapultant au fond des filets une remise de la tête de Diallo (1-1, 80'). Les hommes de Régis Brouard se montre alors un peu plus pressant, au risque de se découvrir. Et malheureusement ce qui devait arriver, arriva... A la suite d'une frappe lointaine de Bonnet relâchée par Renot, Florian David est le plus prompt à réagir et crucifie les Franciliens pour la seconde fois de la soirée (1-2, 90').

Une semaine après avoir légèrement relever la tête en battant Chambly sur le fil, les joueurs du Red Star ont rechuté à domicile, preuve de leur fragilité du moment. Cette nouvelle défaite est la troisième consécutive à domicile... La forteresse qu'était Bauer en début de saison n'est plus. Ce revers est une très mauvaise opération pour les banlieusards qui reculent à la cinquième place, doublés par Béziers.  L'exaspération commence à poindre du côté des supporters de l'Etoile Rouge, ces derniers n'ayant pas l'impression d'être récompensés de leur soutien. Au coup de sifflet final quelques chants protestataires sont descendus des tribunes : "Battez-vous pour la montée !". Le gardien Sébastien Rénot a également dû s'expliquer de longues minutes avec les supporters afin de s'excuser de la prestation du soir. Une réaction est attendue samedi prochain à Concarneau.